SESSHU TOYO (1420-1506)

Le manga du rat

Kyoto, vers 1433. Au Japon, les jeunes moines étudient l'art de la calligraphie…

 

On lui avait rasé la tête.
On lui avait appris les prières et les chants.
Mais Sesshû ne voulait rien entendre.
Il voulait seulement dessiner.

 

On lui avait appris la calligraphie.
On lui avait enseigné les textes sacrés.
Mais Sesshû ne voulait rien savoir.
Il voulait juste dessiner.

 

On lui avait interdit de parler.
On l’avait obligé à rester sous la neige.
Mais Sesshû ne voulait pas changer.
Il voulait dessiner.

Alors, pour le punir,
on l’a enfermé dans un cachot.
On l’a attaché à un poteau
Et Sesshû est resté dans le noir…
Un rai de lumière passa sous la porte,
éclairant le plancher
où ses larmes étaient tombées.

 

Sesshû tendit la jambe et,
avec la pointe du pied,
mélangea un peu de poussière
dans l’eau de ses larmes.

 

Et sur le sol, avec son pouce,
il dessina un rat,
en quelques traits, en quelques touches,
un gros rat bien gras.

 

Dès que le rat fut dessiné,
il grimpa sur le poteau et se mit à grignoter
les liens qui le retenaient prisonnier
et Sesshû put s’échapper.

 

Voilà comment Sesshû inventa le lavis
et devint un grand maître de la peinture à l’encre.

Sesshû Tôyô :
Sesshû Tôyô : Paysage sous la neige, vers 1494

Sesshû Tôyô :
Sesshû Tôyô : Dessin d'un rat (lavis d'encre)

Ce récit est tiré d'une légende japonaise.

 

 

Sylvie Léonard, petites histoires d'artistes

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